Aventure ecriture #2 : lettres aprés lettres, le livre prend forme

écrivain Arthur Constance, portrait

Aventure ecriture #2 : lettres aprés lettres, le livre prend forme

Page compréssée pour smartphones

Cet été, vous avez été nombreux à me parler de l’article où je raconte mes débuts d’écrivain. Vous allez être content, voici la suite. Pour ceux qui ont oublié, vous pouvez le relire, histoire d’avoir la mémoire fraîche.

Nous nous étions quittés dans un virage ; entrée pleine bourre et coup de frein à main. Dérapage contrôlé vers les best-sellers, gloire littéraire et autre prix Nobel !

Bon, en vrai je m’attendais à une longue traversée du désert, en solitaire et sans escale. Une route longue, semée d’embûches, de doutes et d’envie de jeter l’éponge. Je savais pertinemment que ce voyage ne serait pas une croisière, c’est pourquoi j’avais un plan. Un plan facile à suivre, simple, efficace. Il me suffisait de m’y tenir, et au bout d’un an je serai en mesure de publier mon premier livre : un recueil de nouvelles.

Fastoche !

Étape numéro 1 : trouver un appartement.

Sommaire

Viens chez moi, j’habite chez une copine.

Ou plutôt chez mes parents.

Eh oui, à presque trente ans, je suis retourné vivre chez mes parents, comme Tanguy.Après quelques semaines de recherche et de nombreuses déceptions, j’ai fini par dénicher un appartement dans un petit village, au calme. Pas d’école, pas de bar, pas de distraction, la nature, le silence… la Paix !

Exactement ce qu’il me fallait !

Il n’était pas disponible immédiatement, j‘ai emménagé le premier novembre. Ma nouvelle vie commençait avec un peu de retard, mais je l’entamai avec la fougue impatiente des premiers jours d’aventure.

aventure écriture
aventure littéraire

Travail, solitude, routine

Beaucoup d’amis parisiens m’avaient mis en garde : quitter Paris, quelle idée ! Je n’aurai rien à faire, je ne verrai personne, pas de cinémas, pas de musées, pas de sorties, pas d’amis… Le désert, le néant, la campagne, bref, une certaine idée de l’enfer.

Et effectivement, il y eut des semaines où la seule personne à qui j’adressai la parole était la caissière du supermarché.

Mon objectif était d’écrire une nouvelle par mois pour obtenir un recueil d’environ 50 000 mots au bout d’un an. Et pendant cinq mois, ce fut ma principale activité. Pas de sortie, pas de distraction, pas d’amusement, de toute façon, je n’avais pas vraiment le choix. Non seulement le village était désert, mais mes finances m’interdisaient le moindre écart.

J’étais au chômage d’un poste à mis-temps, pas de quoi flamber aux frais de la princesse.

Bref, je tenais le cap malgré tout…

Avec le recul, je me demande si m’isoler de la sorte a été une bonne idée. Les discussions peuvent être fécondes. Parfois une phrase, un mot, une intonation peuvent appeler une idée de mise en scène, une réplique, un personnage, en un mot : inspirer.

Et puis, avec la solitude, on a vite fait de ruminer ses doutes, de refaire le match…

Ne pas regarder en arrière

Juste avant de partir, j’avais rencontré une fille. Pas une anodine, une qui fait douter, « est-ce que c’est la bonne… », tout ça, tout ça… Je ne reviens pas là-dessus, je vous en avais déjà parlé.

En revanche, il y a d’autres événements que je n’avais pas évoqués.

Pendant l’été 2019, mon film de fin d’études a été repéré par des organisateurs de festivals. J’avais déjà eu quelques sélections dans des compétitions officielles, et même un prix, mais c’était toujours dans des festivals étrangers.

Et là c’était différent.

J’avais inscrit le court métrage au marché du film de Clermont-Ferrand, et des organisateurs avaient été séduits. Deux festivals l’avaient programmé pendant l’été (à Paris et à Nantes), et un autre festival (à Lyon) était intéressé.
Le film commençait à vivre au moment où je quittai Paris, où je tournai le dos au septième art.

Il ne serait qu’un peut-être…
Comme elle…
Destins pour une autre fois.

Et dans la longue solitude des lentes soirées d’hiver, les peut-être deviennent le terreau des regrets.

Heureusement, la grande distraction planétaire arriva

Était ce à cause d’une chauve-sourie, d’un pangolin, d’une recherche un peu bizarre, un peu foireuse ? On ne le saura probablement jamais. Ce qui est sûr, c’est qu’on en a pris pour deux ans (pour le moment…).

Le grand spectacle nous a cueilli au début du printemps, mais n’a pas changé grand-chose à mon style de vie. Je me suis enfermé avec mes parents, ils avaient un jardin, alors bilan du foutoir :

– J’ai pris l’air plus souvent.
– J’ai eu plus de discussions (en famille).
– Je n’étais jamais seul.

Les joies de la campagne.

Évidemment j’ai poursuivi ma routine d’écriture, bien engoncé dans une discipline rigide, mais, je dois l’avouer, un peu perturbé par le changement d’habitat (plus le même fauteuil, plus le même bureau, plus la même pièce…).

Oui, je préfère la fixité au mouvement.

Et pourtant, au mois de juillet, je déménage à nouveau.

Le premier logement était bien mais :
Froid + chauffage + mauvaise isolation = 140 € de facture électrique mensuelle.
(au début j’ai cru à une erreur, mais non)

Le nouvel appartement est au centre d’un petit village aveyronnais très sympathique et bien plus animé (boulangerie, supérette, cabinet médical…)
Et en plus il y a une Poste ouverte presque tous les jours (c’est important, j’expliquerai pourquoi dans le prochain article).

Bref, j’emménage sans perdre de temps puis reprends le travail.

Et au bout d’un an !

Avec seulement une semaine de retard sur le planning (une vilaine angine m’a cloué au lit), je pose le point final du recueil de nouvelles.

Elles sont là, dans mon ordinateur, je les ai écrites une première fois, puis une deuxième, j’ai travaillé les phrases, corrigé les fautes, j’ai fait de mon mieux, avec ce que j’avais, et au bout d’un an de travail, je peux (enfin) souffler.

Ou pas.

Je le sais, je le sens, je le subis. Au fond, j’ai encore envie de retravailler ces textes. Mais je me connais, si je ne me donne pas de date de fin, je pourrais modifier les nouvelles pendant des années sans jamais publier le livre.
C’est ce qui avait failli m’arriver pour le film de fin d’études. Je n’étais pas content du montage final (celui que j’avais présenté pour la validation du diplôme). Alors pendant un an je l’ai entièrement remonté, allant jusqu’à modifier l’histoire et tourner des plans supplémentaires. Et j’aurai pu continuer longtemps comme ça !

Le perfectionnisme…

Alors voilà, comme un film, un livre ne se termine pas, il s’abandonne.

J’ai parlé de point final ?

Ah, la naïveté…
Comme c’est touchant.
Presque beau.

Je pensais avoir fait le gros du travail, je pensais avoir tout bien préparé, je pensais que suivre le plan suffisait.

Après une année d’écriture, j’avais prévu trois mois pour retravailler les textes avec trois bêta-lecteurs, l’envoyer à un correcteur professionnel puis un à imprimeur.

J’avais juste une semaine de retard, ce n’était pas grave, le livre serait prêt au moins deux semaines avant Noël, une date stratégique pour la vente.

Sauf que voilà, les gens ont une vie.
Et les Beta-lecteurs sont des gens.
Oui-oui

Je pensais recevoir les manuscrits annotés à la fin du mois d’octobre.
J’en ai reçu deux au mois de novembre (un au début, l’autre au milieu), et un autre à la fin du mois de décembre…

Mea culpa
Je n’avais pas précisé la date de rendu, la prochaine fois j’anticiperai plus et je serais plus clair.

J’ai tenu compte des deux premiers retours pour retravailler les nouvelles, puis, à la fin du mois de novembre, j’ai envoyé le manuscrit au correcteur.

J’avais alors près d’un mois de retard sur le planning.

Je reçois les textes corrigés le 15 décembre, alors je charbonne toute la journée. Je retravaille les textes et envoie le fichier à l’imprimerie, directement, comme ça, sans BAT (impression d’un seul livre pour tester le rendu d’impression).
Et sans vérifications j’en commande 300.
L’imprimeur affiche des délais de fabrication de 7 jours, on est le 16, ça peut encore le faire pour Noël !

J’y crois !
J’y crois trop !
7 jours, ça peut passer.

Sauf que…

J’ai lu trop vite. Le délai de fabrication est compris entre 7 et 10 jours ouvrés. Plus trois jours pour le transport.
On est à la fin de l’année, l’imprimerie croule sous les commandes…

J’ai reçu les livres le 23 janvier.

Sortir du virage

J’ai reçu les 300 exemplaires aux environs de midi, emballés dans quatre gros cartons. Noël était passé depuis bien longtemps déjà, mais tant pis, je suis quand même ultra content de les recevoir. Alors je laisse le repas en plan et j’ouvre fébrilement un carton.

C’est une catastrophe.
Rien ne va.
300…

La couverture est trop bleue, trop floue, trop pas comme je voulais, pas comme elle était affichée sur mon écran.
Je me suis trompé de papier, les pages sont blanches et pas crème. Pire encore, il y a des aplats de couleurs sur la couverture, comme si l’image était en basse définition !

300…
Et ce n’est pas fini !

Non seulement je me retrouve avec 300 livres dont je ne suis pas fier, mais en plus je ne sais pas comment les vendre.
La vente, le commerce, le business, le marketing, la communication, etc., je n’avais rien anticipé, ça ne faisait pas partie du plan…

La dure réalité me tombe dessus comme une grosse masse. Non seulement je suis toujours en plein virage, mais en plus je suis dans le désert, et je commence à avoir soif.

La nouvelle année commence bien !
(et encore, je ne vous ai  pas tout dit…)

Je vous raconterai.
À bientôt,
Arthur

Facebook
VK
Telegram
LinkedIn
Twitter
Email
WhatsApp

Arthur Constance

Les grands espoirs sous la lune

Les grands espoirs sous la lune

2,99 €

Cet article vous a plus ?

Inscrivez-vous à la newsletter et soyez informé de la publication du prochain billet.
(un à deux courriels par mois)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Panier

Black Friday

Livraison gratuite !

recueil de nouvelles en 3D

Du 19 au 28 Novembre.
Dans la limite des stocks disponibles.