Ohlala, presque un an sans publier la suite de mes aventures littéraires. Laissez-moi rattraper ce retard, d’autant plus que cet article est écrit au trois-quarts depuis près d’un an…
Nous sommes donc à l’été 2022, je viens de découvrir le commerce sur les marchés, et ça y est, je vais y arriver, je vais sortir du virage, c’est la fin d’une longue traversée du désert, le mur qui me sépare de la réussite s’effondre. Je gagne mon pari. Au mois de juin, j’avais vendu quarante livres en dix marchés, incroyable !
J’avais un nouveau plan pour vivre de ma plume, tout s’enclenchait, tout s’illuminait : j’allais partir dans le sud, à Leucate, et vendre mon livre sur les marchés. En été il y en a tous les jours, c’est parfait !
Seulement, sur la côte, en pleine saison touristique, les locations sont inabordables. Et compte tenu de mes finances, je n’avais pas non plus de quoi me payer un emplacement de camping.
Mais pour ce problème aussi j’avais un plan, une idée venue d’une amie aventurière qui rêvait de voyages dans un van aménagé.
Sommaire
La van life
À Paris, j’avais connu une passionnée de voyages. Elle s’était achetée un van, l’avait aménagé comme un camping-car, et partait à l’aventure sur les routes au grès de ses envies.
Son van, un Volkswagen T4, était beaucoup plus petit qu’un camping-car, mais elle avait réussi à y installer un grand lit, une petite cuisine avec un évier, et même l’électricité grâce à un panneau solaire fixé sur le toit.
Sur Internet fourmillent les vidéos d’aménagement de van, parfois de camion ou de bus, toujours plus grand, toujours plus luxueux. L’aventure dans des draps de soie…
Moi, évidemment, je n’avais pas de camping-car.
Je n’avais pas non plus de Transporter, ni de fourgon, ni de bus ou de camion.
Moi, j’avais une Ax.
Et j’allais faire avec.
À l’heure où j’écris ces lignes, en mars 2024 février 2025, j’ai du mal à réaliser qu’il y a presque deux ans trois ans, je me préparais à dormir dans ma voiture pour vendre mon livre.
Car oui, quand j’écris « faire avec », c’est exactement de cette option dont il est question.
La VanAx life : vous connaissez Titine ?
Elle est belle, hein ?
4CH (fisc)
50ch (din)
954 cm³
Vmax 150 km/h
L’inspiration
Ce qui est incroyable avec Internet, c’est qu’on y trouve absolument tout. Un an avant moi, un certain « Chevrons sauvages », avait eu la même idée, et a partagé son installation.
Un grand merci à lui !
J’ai repris les mêmes principes.
L’aménagement
D’abord, j’ai retiré les sièges, puis j’ai visé des tasseaux de niveaux.
Sur cette base, j’ai pu poser un « sol » en OSB.
Même principe à l’avant, où deux niches offrent un espace de rangement. Elles sont accessibles depuis le siège conducteur sans avoir à soulever le matelas.
Les caissons et le sol sont de niveau, ce qui permet de poser un matelas coté passager et deux caissons de rangement derrière le conducteur.
Comme « Chevron sauvage », je laisse un peu de place pour la réserve d’eau, la douche solaire et les ustensiles de cuisine.
Sur le côté passager, j’ai découpé un vieux matelas en mousse, de façon à épouser la forme de la roue, et à ne pas empiéter sur le levier de vitesses.
Malheureusement, je n’ai pas pensé à prendre de photos de l’aménagement terminé…
Pour l’isolation, j’ai utilisé des tapis de yoga, découpés puis fixés aux fenêtres grâce à des ventouses. Là aussi, je n’ai pas pensé à les prendre en photo, mais on en voit une partie sur les vitres arrières.
Les erreurs
- Au cas où mon aménagement inspirerait certains d’entre vous, voici quelques erreurs à éviter.
La découpe du matelas : je n’ai pas été assez précis ; malgré les coupes, le matelas était comprimé. De ce fait, il respirait mal et j’avais anormalement chaud. - La dimension du box arrière : j’ai eu de la chance, le bidon de 25 L s’encastrait parfaitement, mais souvent le bouchon verseur percutait le rebord du coffre, ce qui engendrait une fuite.
- Les trous d’entrée des niches arrières : je trouve le système de niche plus pratique que les trappes, car vous pouvez poser des objets sur le caisson tout en ayant accès aux rangements. En revanche, les ouvertures doivent être assez larges, ce qui n’était pas le cas sur mon aménagement.
- L’isolation à l’aide de tapis de Yoga est pratique, relativement rapide et peu coûteuse, mais n’est valable qu’à court terme. Une solution à aimants (de frigo par exemple) et des couches d’isolants thermiques me semblent plus efficaces et pratiques.
En route !
Mais tu vas vraiment le faire ?
Révision effectuée, niveau d’huile vérifié (on est jamais trop prudent), gros cartons de livres calés sur le matelas, les boxs arrières remplis de conserves et de vêtements repassés, soigneusement rangés, le bidon d’eau plein, les accessoires à leur place, propres, neufs ; la voiture, moi et mon outillage sommes prêts pour le grand voyage. Nous sommes le dimanche 3 juillet 2022, et dans le matin frais aveyronnais, l’Ax de 1993 démarre au quart de tour en direction de Leucate, sous les « bons courages ! » et « appelle-nous quand tu arrives » de mes parents.
Fleur au bout de la plume, dans le ronron du moteur, je « fonçai » donc en direction du soleil.
Jusqu’à la première montée, où, en peine pour atteindre les 50 km/h, je pris conscience qu’il aurait été plus intelligent de ne pas remplir le bidon d’eau, histoire d’alléger de 25Kg la pauvre Titine déjà vieille dix ans plus tôt.
Le soleil et l’amer
Après trois heures et demie de route, accueilli par l’odeur des Tamaris et le chant des cigales, je retrouvai le littoral de mon enfance, les Corbières, la garrigue, les vignes vertes, la mer brillante, le Canigò lointain et le vent partout.
Mais trêve de romantisme et de nostalgie, à peine arrivé, je m’occupai en priorité de questions bassement matérielles, à savoir : l’hygiène.
La douche solaire n’était prévue qu’à titre exceptionnel, et puis il y avait tout le reste, je ne vous fais pas un dessin…
Pour ces problèmes, j’avais une solution. Quelques années auparavant, j’avais travaillé dans un camping où les sanitaires étaient accessibles grâce à des jetons.
Arrivé à Leucate, je me garai sur le parking du Galion, et me présentai à l’accueil du Camping Municipal.
Le système de jeton n’était plus utilisé. En dix ans, les pratiques avaient changé.
Mais l’hôte d’accueil fut d’une sympathie exceptionnelle, nous avons discuté des marchés, qu’il connaissait très bien, il m’a donné des conseils, des contacts et m’a encouragé.
(Si vous passez par là, encore merci à vous !)
Alors je retournai vers ma Titine, un peu désabusé, le plan ne se déroulait pas comme prévu : la routine. Rien de catastrophique, j’avais de quoi me débrouiller, et d’autres options à explorer.
Je décidai de tenter ma chance à La Franqui. Et là, au moment de démarrer, après avoir tourné la clef, pas de réponse, le moteur resta silencieux, ma bonne vieille Titine ne répondait plus.
Je tournai la clef une autre fois.
Rien !
Je recommençai encore, et encore.
Et à chaque fois, le silence me répondit, lourd comme un électrocardiogramme plat.
Je me retrouvai seul, en panne, sans outils !
La voiture venait d’être révisée, pourquoi tombait-elle en panne ?
L’aventure commençait à peine, je n’avais participé à aucun marché, je n’avais pas vendu le moindre livre !
Je m’étais enfoncé dans la mouise !
Partir…
L’aventure…
Dormir dans une voiture…
J’avais peut-être fait une grosse bêtise !
À très bientôt pour la suite !
Arthur
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